Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

La lessive dans ma vie

Posted on | mai 2, 2010 | No Comments

S’il y a bien une tâche que j’accomplis mécaniquement ou presque, c’est ma lessive. Après plusieurs années d’essais et d’erreurs, j’ai fini par comprendre le principe visant à séparer le linge selon les cycles de ma laveuse, les couleurs, et autres détails de cette importance. Enfin, presque, mais en général ça passe.

Je n’ai pas de sentiment particulier envers ma lessive. Ni envers le fait que je dois la faire. Ça me laisse, disons-le franchement, totalement indifférent. Hors il semble que les agences de marketing n’aient pas encore découvert cette très simple vérité.

Retour en arrière à vendredi soir alors que, en compagnie de quelques copains, je suis assis devant le téléviseur et devant les séries éliminatoires de la LNH. Surgit tout à coup cette femme dans un décor pastel plus criard que nature, vantant les mérites d’un détergent quelconque. Non seulement fonctionne-t-il mieux, mais son mérite est tel qu’elle se sent maintenant « mille fois plus heureuse » grâce à son détergent.

Avons-nous vraiment fait si peu de chemin depuis les années 60? Faut-il absolument m’enfoncer les mêmes stéréotypes éculés au fond de la gorge, encore et encore?

Est-ce que j’ai le droit de m’en balancer complètement? De surcroit, en tant que consommateur de sexe masculin responsable de sa propre lessive et de celle de ses enfants, comment dois-je réagir au message que m’envoie l’annonceur?

Pourquoi, tant qu’à y être, ne pas cibler le marché masculin grâce à des annonces de détergent viriles, choquantes, aux annonceurs ayant des voix graves et rauques? J’imagine parfaitement une annonce disant que tel détersif vient parfaitement à bout des dégâts typiquement masculin: « L’huile! La graisse! La sueur! La bière! Le ketchup! » Chaque mot devra bien entendu être accompagné de l’image séréotypé du « vrai mâle » se salissant; le tout se concluant par le même « vrai mâle » devant son barbecue portant chemise ouverte et bermuda plus blanc que blanc, entouré de trois ou quatre filles en bikini se pâmant devant sa virilité étincellante.

À bien y penser, je ne suis pas certain que j’embarquerais dans ce concept là non plus.

Pourrais-je seulement laver mon linge en paix?

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