Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Le monde entier est un cactus

Posted on | mai 14, 2010 | No Comments

Comme chantait l’autre, il est effectivement impossible de s’asseoir. Le temps nous est compté, et nous tâchons en général de retirer le plus de valeur possible de ce que nous détenons. À cet égard, nos comportements sociaux reflètent possiblement notre bagage génétique.

En tant qu’organismes biologiques, nous sommes irrémédiablement condamnés à une mort certaine; on peut voir l’évolution comme un immense mécanisme visant à retarder le plus possible le moment de cette extinction de façon à permettre la dissémination de nos gènes. De fait, seuls les gènes les mieux adaptés mènent au développement d’entités animales ou végétales fonctionnelles dans un environnement précis. Bien entendu, ces gènes sont en compétitions avec d’autres, qui mènent à des résultats ou entités concurrentes. La cohabitation de ces entités est ce que nous appelons l’écologie.

Tout ce développement repose sur un prérequis: la durée de vie limitée du gène et de l’entité où il se manifeste. Un être immortel n’aurait pas besoin de s’adapter pour survivre; le concept d’évolution ne ferait pour lui aucun sens, ni même le concept de reproduction.

Les concepteurs de produits du vingtième et vingt-et-unième siècle l’ont bien compris en introduisant dans le cycle de vie d’un produit le concept de désuétude planifiée. La durée de vie de vos biens est calculée afin de forcer une évolution constante des fonctionalités de ceux-ci; lorsqu’un de vos biens devient désuet ou inutilisable heureusement une nouvelle génération a pris la place du produit que vous déteniez précédemment. De plus, cette évolution bouleverse l’équilibre « écologique » de vos possessions; peut-être que les nouvelles fonctions permettent ou forcent nécessairement l’acquisition de nouveaux objets, de nouveaux services que vous ne pouviez utiliser auparavant.

Le comportement du consommateur doit donc nécessairement s’adapter pour permettre à ce dernier de se retrouver au sein du nouvel environnement commercial. Les produits évoluent alors en fonction de l’évolution du comportement. Et ainsi de suite… nous nous retrouvons dans une course folle rappelant bien l’évolution d’espèces concurrentes.

Pourtant s’il est un domaine où nous n’avons pas à imiter la nature, c’est bien celui-là. Car les gènes sont égoïstes et se moquent bien de l’équilibre, comme on le voit à chaque fois qu’un nouvel arrivant monopolise toutes les ressources d’un écosystème. Ne serions-nous pas mieux servi par une approche modulaire à la consommation?

Le seul moyen de s’en sortir sera-t-il d’imiter le cactus, de s’endurcir et de se doter d’épines, pour éviter que dans un désert de sens nous ne soyions la proie sans défense de tous les assoiffés?

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  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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