Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Les limites de la création de richesse

Posted on | mai 20, 2010 | No Comments

La consommation des particuliers et des entreprises mène la création de richesse; la demande des consommateurs stimule la production; entraîne de nouveaux investissements qui génèrent emploi et salaires, et stimule davantage la consommation. C’est en apparence un cercle vertueux.

Le cercle, bien entendu, n’est vertueux que s’il n’entraîne pas une perte de valeur dans un autre domaine. Prenons, par exemple, la marée noire qui pollue lentement le Golfe du Mexique. Un immense effort de consommation sera nécessaire pour en venir à bout. Il faudra payer les salaires des gens qui y seront affecté. Développer les technologies, les outils nécessaires pour colmater la fuite. Tout cela stimule la création de richesse. Et comme les pertes de revenus sont celles de pêcheurs, des gens dont le revenu n’est pas très élevé en partant, il est tout à fait possible que l’effort économique de nettoyage soit supérieur aux pertes.

Dans ces circonstances, avons nous créé de la richesse? Si l’on avait un moyen de calculer le dommage réel créé par la marée noire dans les circonstances aux écosystèmes variés qui dépendent du Golfe du Mexique il est plus probable que nous parlerions de destruction de richesse. Si nous étions en mesure de faire ce calcul, en fait, nous pourrions infliger une amende correspondante à la compagnie responsable de ce désastre, et par le fait même ramener le bilan économique en ligne avec le bilan environnemental.

On peut imaginer également une étrange symbiose entre les détaillants de malbouffe, l’industrie du tabac et les compagnies pharmaceutiques. En effet, la consommation effrénée d’aliments préfabriqués et l’usage du tabac sont deux facteurs prédisposant aux ulcères d’estomac. La croissance des ventes des deux premiers entraînent une croissance des ventes du troisième également. Il y a encore création de richesse. Mais qu’en est-il vraiment? Le dommage physiologique n’est pas pris en compte dans l’équation, ni la perte de qualité de vie des patients, ni la surcharge qu’ils infligent au système de santé.

Faut-il mettre un prix à chaque élément de notre existence, même ceux que nous prenons pour acquis? La santé, l’environnement et quoi encore? Ça semble puéril, mais peut-être le faudrait-il, finalement, pour faire enfin passer le message de la consommation responsable.

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