Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Protestataires passés date

Posted on | juin 26, 2010 | No Comments

La majorité des gens trouvent vaguement cons ces protestataires qui se massent contre les barrières de sécurité du centre-ville torontois pour manifester contre le sommet du G20. La quasi-totalité des gens s’élève carrément contre les « anarchistes » ou vandales à la petite semaine qui en profitent pour jouer les fauteurs de troubles, espérant que la multitude servira d’écran à leur imbécilité.

Dire qu’il y une quarantaine d’années à peine, les mouvements protestataires de toutes sortes fleurissaient aux quatre coins de la planète et parvenaient réellement à convaincre qu’ils pouvaient changer le monde. Que s’est-il passé depuis l’époque des hippies et des soixante-huitards?

La protestation des foules remonte sans doute aussi loin que l’émergence des premières cités; pourtant, dans l’imaginaire contemporain, le mouvement protestataire est irrémédiablement associé aux Baby-Boomers. Hors, personne n’a pitié de ces derniers. De plus, ayant été/étant les principaux bénéficiaires des politiques justement décriés par les manifestants, et surtout, en raison de leur représentation démographique, les Baby Boomers assurent sans trop se forcer l’apathie et l’immobilisme de la population.

C’est une représentation cynique de la situation. Est-ce que j’y crois? Pas vraiment…

En fait, ce qu’on pourrait reprocher aux protestataires est principalement leur manque d’imagination. Les moyens de communication actuels permettent d’organiser, de mettre en place et d’opérer des campagnes d’information et de financement sans précédent. Obama s’est fait élire à la présidence des États-Unis en les utilisant. Mais nos bons vieux manifestants, avec leurs cocktails Molotov et leurs pancartes en carton démodées, se positionnent dès le départ comme des interlocuteurs non-crédibles.

Je ne peux pas croire qu’il n’y a pas au sein du mouvement altermondialiste un ou deux génies du marketing, des relations publiques, de l’organisation d’évènement? Par exemple, en entourant systématiquement chaque réunion du G20 d’activités (concerts, conférences, expositions, ateliers, etc.) mobilisantes, intéressantes, et surtout, « médiatisables », le poids attribué au message altermondialiste dans l’actualité augmenterait considérablement, d’une part, et serait véhiculé de façon favorable et non négative.

Surtout, la capacité de s’organiser ferait du message une alternative crédible. En ce moment, malheureusement, ce n’est pas le cas.

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