Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Éloge de la richesse

Posted on | juillet 31, 2010 | 1 Comment

Il reste encore au sein d’une partie de la population canadienne (pour ne pas dire carrément, canadienne-française) un relent de suspicion face à la richesse et au succès, surtout la richesse étalée au grand jour. Le cas récent de la nouvelle présidente de la cité collégiale, Lise Bourgeois, donne un bel exemple de cette petite mesquinerie qui fait agiter les mauvaises langues.

Il faut savoir qu’à même sa rémunération de 225 000$ (ce qui, soit dit en passant, n’est pas exagéré pour une cheffe d’entreprise), Mme Bourgeois s’offre une Porsche Panamera à 2000$ par mois. Scandale dans la région de la capitale nationale! Il aurait mieux valu que la présidente s’offre une BMW ou une Lexus moins tape-à-l’oeil, semble-t-il.

Entre vous et moi, qu’en avons-nous à cirer du choix de voiture de Mme Bourgeois? Peu importe la location, le montant de sa rémunération globale (donc, incluant la voiture) est établi en fonction du marché. Et si la rareté d’une gestionnaire ayant les capacités de diriger une institution d’enseignement supérieur lui permet de demander ce salaire, grand bien lui fasse. Les plus mal dégrossis affirmeront que n’importe qui pourrait faire un travail de direction pour beaucoup moins cher, mais la réalité est que les gestionnaires de haut niveau compétents ne courent pas les rues, encore moins dans le secteur public et parapublic.

Ce déni de la rareté de la compétence de gestion explique également les salaires misérables octroyés à nos élus relativement à leurs responsabilités. Ainsi, un premier ministre au Québec gagne 183 000$ par année pour gouverner 7 millions d’habitants. Le président et chef de la direction de la banque TD, qui regroupe 18 millions de clients, a touché 10,5 millions de dollars l’an dernier.

Si le secteur privé reconnait d’emblée l’importance de mettre le gros prix pour aller chercher et conserver des dirigeants compétents et rentables, il est dommage que les mentalités ne permettent pas le même genre de recherche du talent quant on en vient au secteur public. Mais pourquoi pas? Pourquoi pas mettre le paquet et aller se chercher un Steve Jobs (ou enfin, l’équivalent) pour prendre en charge la fonction publique, par exemple? Si l’efficacité est au rendez-vous et justifie le salaire versé, mon vote est acquis en tout temps.

Laissez donc Lise Bourgeois rouler en Porsche… quoi qu’à bien y penser, une Tesla Roadster aurait envoyé un tout autre signal…

Comments

One Response to “Éloge de la richesse”

  1. Patrick
    juillet 31st, 2010 @ 23:01

    On porte à mon attention un ouvrage du même titre signé par Alain Dubuc de La Presse, et dont le propos pourrait ressembler au mien (quoique beaucoup plus étoffé, je n’en doute guère). Bien que je n’aie pas lu ce texte, je tiens à le mentionner par souci de transparence.

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    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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