Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Retour vers la récession

Posted on | août 26, 2010 | No Comments

Alors que nous croyions nous être sortis de la dernière récession, les indicateurs économiques recommencent à traîner de la patte, laissant entrevoir une reprise beaucoup plus difficile qu’envisagée précédemment (bien que certains aient sonné l’alarme dès le début de la récession).

Par contre, on prévoit une certaine vigueur dans l’expansion économique des économies dites émergentes. Pourquoi les économies plus avancées ne réussissent-elles pas à tirer leur épingle du jeu? La réponse tient peut-être aux fondements même des économies de ces deux entités. Comparons, par exemple, les économies américaines et chinoises en 2009.

À cette date, les industries primaires (l’agriculture et l’exploitation minière) ne comptaient que pour 2,6% du PIB américain. Le secteur secondaire (construction, manufacture) comptait pour un autre 17%. La majeure partie du PIB repose donc sur le secteur de la vente et des services, la part du lion revenant aux services financiers avec 21,4% du PIB. Cette proportion est relativement semblable avant et après la récession. Hors, on le sait, cette portion de l’économie reposait en grande partie sur des fondations extrêmement instables, voir sur du vent. L’effondrement de ce secteur à lui seul explique la débandade de l’économie américaine.

En contrepartie, l’économie chinoise reposait à 11% sur le secteur primaire, à 49% sur le secteur secondaire et 40 sur le secteur tertiaire. Est-ce à dire qu’un repli vers le secteur manufacturier est nécessaire afin d’assurer la stabilité économique des économies développées? Pas nécessairement. Il peut être plus rentable et efficace de confier cette production en sous-traitance aux économies émergentes. Par contre, il faut s’assurer en contrepartie que les secteurs névralgiques de notre économie produisent une valeur ajoutée tangible et fiable.

Cette valeur ne peut venir que par la recherche du gain à long terme. La maximisation des profits à court terme, qui a mené à la bulle immobilière et à la débâcle boursière à l’origine de la dernière récession, ne générait en réalité aucune valeur ajoutée réelle durable. Nos industries de service peuvent facilement et doivent absolument s’ajuster à cette réalité, sans quoi les économies occidentales ne réussiront pas à reprendre leur envol. Cela peut passer à la fois par un ajustement des règles encadrant le capital de risque, de façon à favoriser les investissements à long terme, que par un resserrement des règles sur les transactions spéculatives, de façon à restreindre les mouvements financiers à court terme.

Sinon, nous n’allons que répéter les mêmes erreurs au sein d’une économie stagnante.

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    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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