Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

50,000 perdants

Posted on | octobre 3, 2010 | No Comments

En Grèce, les manifestants envahissent les rues pour protester contre le régime d’austérité imposé par le gouvernement suite à des années de dépenses inconsidérées. En Iran, les manifestants envahissent les rues pour réclamer un gouvernement plus juste, plus démocratique, et sont même prêts à y laisser la vie. Pendant ce temps, à Québec, les manifestants envahissent les Plaines d’Abraham pour réclamer quoi au juste? Un amphithéâtre et une équipe de hockey professionnelle.

J’aime le hockey autant qu’un autre. Je comprends parfaitement le désir des citoyens de Québec d’obtenir une équipe locale à laquelle s’identifier – désir que l’on pourrait deviner teinté de masochisme, étant donné les piètres performances des anciens Nordiques. Ce que je comprends moins bien, c’est la conclusion à laquelle ces marcheurs sont parvenus, soit que ces équipements sportifs doivent absolument être financés par l’administration publique.

Oublions d’abord toutes ces belles paroles creuses de Jeux Olympiques et d’installations permanentes pour la population. Ce futur amphithéâtre n’a qu’un seul but réel: héberger une équipe de hockey. En soit, les seuls qui seront bien positionnés pour en tirer profit seront les propriétaires de cet équipe. Le groupe Québécor apparait donc comme le principal bénéficiaire de cette marche. En tant que citoyen, je refuse que l’on gaspille 400 millions pour garnir la bourse d’une entreprise privée.

Ce n’est donc pas seulement que ces 400 millions seraient mieux investis ailleurs (et honnêtement, les idées ne manquent pas, avec un système de santé déficient, des routes craquelées, des infrastructures pitoyables, un taux de pauvreté infantile qui refuse de baisser, les régions qui se vident et ainsi de suite).

J’invite donc chacun de ces 50 000 marcheurs à faire parvenir un chèque de 8000$ à Pierre-Karl Péladeau. Ou à faire du lobbying accru auprès des entreprises locales afin que ces dernières investissent dans le projet. Mais surtout, je les invite à arrêter de jouer aux ti-counes, aux Québécois quêteux qui se retournent vers le gouvernement au moindre besoin, vivant au crochet de l’administration publique. J’invite ces 50 000 Bougons à cesser de nous prendre pour des imbéciles et s’arranger entre eux pour financer leurs châteaux en Espagne.

Après tout, la rivalité Canadiens-Nordiques sera passablement moins amère si l’on sait que l’on n’a pas dû s’endetter collectivement pour l’obtenir.

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  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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