Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Dette, pauvreté et terrorisme

Posted on | octobre 8, 2010 | No Comments

Faisant suite à l’article d’hier sur l’endettement global, j’aimerais préciser un peu le propos d’aujourd’hui en essayant de comprendre comment les variations d’endettement et de répartition de richesse à la grandeur du globe peuvent, justement, favoriser la montée du terrorisme.

Sans prétendre à une analyse exhaustive de la question, j’aimerais quand même faire quelques rapprochements intéressants entre diverses statistiques et faits peu reluisants de la lutte contre le terrorisme. Débutons par le salaire du kamikaze. Avant l’occupation américaine, Saddam Hussein promettait 25 000$ aux familles des kamikazes commettant un attentat suicide contre Israël. Cette tradition aurait été reprise depuis par d’autres institutions (on fait parfois référence au gouvernement saoudien ou à diverses banques); les montants mentionnés varient de 5000$ en montant.

Le Nord-Américain moyen trouvera cette somme dérisoire. Le PIB moyen par habitant varie entre 38 000 et 46 000$ et, bien qu’il ne représente pas le revenu par personne, constitue quand même un bon indicateur de richesse. Par contre, le PIB par habitant oscille aux environs de 13 000$ au Liban, ce qui rend le forfaitaire de 25 000$ nettement plus intéressant. Il descend à 5600$ en Égypte et 5000$ en Syrie, ce qui rend le montant de 5000$ très attrayant. Au Pakistan, il se situe aux environs de 2600$.

Les conditions de pauvreté auxquelles font face ces pays sont donc un incitatif supplémentaire au recrutement de jeunes kamikazes. Malheureusement, le transfert de sommes afin de fournir une aide financière à ses pays risque souvent, en raison de la corruption endémique, de nourrir les organisations terroristes plutôt que de financer les infrastructures vitales nécessaires à l’essor économique.

Peu de pays acceptent que l’on empiètent sur leur souveraineté; par contre, dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, plusieurs d’entre eux ont dû se plier aux demandes de l’OTAN à-propos de sujets militaires. Hors, la lutte se gagnera également sur le front économique et pour y remporter la victoire, il sera nécessaire de contrôler l’aide internationale et de s’assurer de sa mise en place convenable. Forcer le développement en tentant de contourner la corruption: voici un mandat étrange pour cette organisation.

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