Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Le mythe de la liberté

Posted on | novembre 7, 2010 | No Comments

Les discours populistes de droite étant manifestement à la mode par les temps qui courent, la notion de liberté devient un étendard commode et confortable dans lequel tout un chacun s’enroule avant de faire ses revendications, aussi incongrues soient-elles.

La notion de liberté individuelle qu’on tente de nous enfoncer en pleine gorge ces jours-ci, étrangement, ne vise pas tant l’ouverture de nouvelles possibilités, de nouveaux droits, que la disparition de vieilles contraintes. Principalement, on en a contre l’impôt sur le revenu et les taxes de tout acabit. Il est difficile de s’opposer à cela – après tout, personne n’aime verser une partie de son salaire au gouvernement. Par contre, les motivations intrinsèques ne sont que faiblement reliées au concept de liberté. Elles touchent uniquement le confort individuel.

Ainsi, on devrait avoir un réseau routier privé, un réseau de santé, d’éducation privé, etc. Les adeptes de la liberté tout azimut ne voudraient payer que pour les services qu’ils utilisent. Sans, bien entendu, réduire de quelque façon que ce soit leur qualité de vie. Tout ce beau monde oublie alors que leur confort dépend surtout du travail des autres; que leur richesse dépend des infrastructures mises en place par la collectivité, payées par la collectivité, et dont le risque fut et demeure assumé par celle-ci également. L’enseignement privé est administré par des professeurs qui ont leurs propres besoins; les enfants de ceux-ci peuvent par exemple être atteints de maladies dont le traitement serait difficilement abordable sans l’existence d’un réseau de santé public. Vu le manque de docteur pour l’ensemble de la population, réduire l’accessibilité à l’éducation se ferait au détriment des soins de santé de tous, autant des plus pauvres que des mieux nantis.

Ces exemples sont rudimentaires et commencent à peine à illustrer les interconnexions entre tous les membres d’une société. Il n’y a rien de nouveau aux paroles qui suivent, mais la liberté ne peut exister que si elle est soutenue par la responsabilité. Si tout un chacun s’y refusait, cet état ne serait pas un état de droit mais plutôt d’anarchie. Lorsque que quelques uns seulement s’y refusent, on peut à juste titre parler d’égoïsme. Ces individus veulent le beurre et surtout, l’argent du beurre, en vous laissant payer pour la baratte de surcroit.

La liberté totale est un mythe que l’éducation primaire devrait déjà avoir dissipé. Certains politiciens devraient peut-être se le rappeler.

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  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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