Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

L’oeuf ou l’enveloppe

Posted on | novembre 24, 2010 | No Comments

Le malaise généralisé qui se répand parmi la classe politique québécoise s’est intensifié dans les derniers jours avec la sortie remarquée du candidat défait David Grégoire. Ce dernier a affirmé s’être fait offrir, et avoir accepté à deux reprises des enveloppes contenant des sommes importantes en argent comptant, ce qui va bien entendu à l’encontre de la loi électorale.

Rajoutons à cela les déclarations de l’entrepreneur Paul Sauvé au sujet du ministre conservateur Christian Paradis. Selon l’homme d’affaire, l’organisation d’évènements au bénéfice du parti, de même qu’une ristourne importante sur les contrats octroyés étaient de rigueur pour desservir les ministères où officiaient M. Paradis.

Le volet municipal n’est pas en reste. Des allégations de financement illégal lors de sa campagne pour la mairie de Montréal en 1998 ont forcé l’ancien chef de police et chef de l’escouade anti-collusion, Jacques Duchesneau, à renoncer à ses fonctions temporairement.

La palme de l’expression la plus maladroite, et également la plus révélatrice, revient cependant au député d’arrière-banc (lire sans importance) André Drolet qui aurait menacé Amir Khadir ainsi: Amir, on va regarder ton passé et On va t’avoir, à un moment donné. Ce qui laisse à croire que tous les députés (du moins, selon M. Drolet) ont nécessairement sur la conscience l’argent sale servant à financer leurs campagnes électorales. Non sans surprise, M. Drolet a rapidement été ramené à la raison et s’est par la suite excusé de ses propos.

Bref, les petites enveloppes circulent à tous les niveaux de la vie politique. Cela n’a pas empêché le gouvernement Charest de survivre, de justesse, à un vote de défiance déposé à l’Assemblée Nationale aujourd’hui. Remporté par seulement 4 voix, il ne faudrait donc que 3 transfuges pour faire tomber le PLQ et replonger la province en campagne électorale. Si Charest s’obstine dans son refus d’écouter la majorité qui réclame une commission d’enquête, la solidarité dont font preuve ses députés risque de s’effriter; ce scénario n’est donc pas tout à fait inconcevable.

Gageons que certains doivent déjà préparer leurs enveloppes…

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