Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Triumvirat à la Québécoise

Posted on | mars 2, 2011 | No Comments

Jean Charest, Régis Labeaume et Pierre-Karl Péladeau unissent leurs forces pour ériger un nouveau bâtiment à Québec. Le nouveau palais impérial  sera le joyau dans la couronne du souverain absolu de Québécor, de l’autocrate incontesté de la ville de Québec et du pontife du parti libéral. Mais comme tout triumvirat est nécessairement instable, il serait prudent que ces protagonistes prennent une leçon d’histoire ou deux.

Un tout autre triumvirat faisait intervenir il y a plus de 2000 trois personnages depuis entrés dans la légende: César, Pompée et Marcus Crassus. On disait Crassus riche de 200 millions de sesterces; il avait réussi à mater la révolte des esclaves menée par Spartacus. Charest n’a sans doute pas sa stature, mais il a tout de même réussi à mater la grève des procureurs de la couronne (et quelques autres) par loi spéciale, tout en investissant 200 millions de dollars dans la construction d’un amphithéâtre à Québec. Malheureusement, Crassus mourut peu après le début du triumvirat – il est fort probable que la survie politique de Charest soit de courte durée également.

Restèrent César et Pompée. Après avoir consolidé leur alliance par le mariage de la fille de César avec Pompée, ils se livrèrent une guerre sans merci pour le contrôle de Rome. Pompée, brillant politicien, jouissant du support du sénat, régnait sans partage sur sa ville, tout comme le maire Labeaume. César dû faire ses preuves à l’étranger – ses chroniques sur le conquête de la Gaule en firent un héros dans l’imaginaire populaire. Il fut dont l’un des premiers à utiliser la convergence médiatique à des fins politiques – un modèle maintenant fidèlement imité par PKP.

Malheureusement pour Pompée, la faveur populaire se montra plus importante que les contacts politiques – il fut assassiné en Égypte quelques temps plus tard, et César se chargea de consolider son pouvoir. Notre ami Péladeau devrait-il voir cela comme un bon signe, lui qui contrôle plus facilement l’opinion publique par l’entremise de son empire médiatique?

Il faudrait pour cela se pencher sur le destin de César. Ce dernier, trop gourmand, voulut se faire attribuer à perpétuité un pouvoir dictatorial sur la République. Cela mena directement à son assassinat, le 15 mars, en 44 avant J.C. Mais les actions du triumvirat eurent des répercussions plus importantes qui menèrent à la fin de la République et à la naissance de l’Empire.

Il restera à voir si la gourmandise de PKP sera égale à celle de César, et si les conséquences seront les mêmes, menant ou bien au démantèlement de son empire ou à l’asservissement des populations locales sous son pouvoir médiatique.

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