Cultiver le cynisme
Posted on | avril 8, 2011 | No Comments
Je devrais écouter la radio plus souvent. Heureusement, j’ai des amis alertes qui sont prompts à relayer les informations pertinentes. Sinon, je serais sans doute passé complètement à côté de ce reportage de l’émission The Current, à CBC, traitant de la publicité négative.
Les contradictions de ce genre de publicité sont bien soulignées par les trois panelistes invités par l’émission : un stratège libéral, un ex-officier de communications conservateurs, et une experte sur le harcèlement au travail. On rappelle premièrement que le genre d’insinuations faites dans ces publicités ne serait pas toléré dans la plupart des milieux de travail canadien. Mais que si elles sont utilisées, c’est qu’elles ont justement un impact négatif important qui facilite leur mémorisation par les téléspectateurs (si vous n’avez pas le temps d’écouter le reportage au complet, débutez vers 9:34 pour ce segment précis).
Surtout, l’effet cumulatif de ces publicités est surtout de décourager la participation électorale. De façon assez déconcertante, le stratège conservateur a admis le succès de la campagne Conservatrice contre Stéphane Dion, qui a limité l’implication des supporteurs libéraux. On encourage donc volontairement l’apathie afin de se maintenir au pouvoir ou d’y accéder, selon les partis.
Encourager le cynisme est une autre approche mise de l’avant par les Conservateurs dernièrement, notamment par la bouche de son candidat-vedette Larry Smith. Ce dernier a affirmé qu’il était normal qu’un gouvernement favorise les circonscriptions ayant voté en sa faveur au détriment des autres. Voilà qui est extrêmement inquiétant car, aux dernières nouvelles, le gouvernement élu était en charge et responsable de tous les habitants du pays, et non d’une poignée d’électeurs uniquement.
Le maintien, voir l’encouragement d’un tel climat malsain ne devrait pas être toléré au sein de notre système politique. Rien ne semble l’obliger, malheureusement… après tout, le serment d’allégeance force la reconnaissance de la reine d’Angleterre, et le serment d’office invite à remplir sa tâche le mieux possible, mais aucun serment n’oblige un membre du parlement de se considérer au service du peuple canadien.
Voilà un engagement que j’aimerais entendre, pourtant.
Comments
Leave a Reply