Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Cher Canada (lettre ouverte)

Posted on | mai 4, 2011 | No Comments

Cher Canada,

Je dois admettre que notre relation n’a pas toujours été au beau fixe – on pourrait plus parler de montagnes russes. Souvent, j’ai été tenté par un autre, dont les promesses faisait naître en moi un sentiment que j’avais peine à éprouver dans ma relation actuelle. Pourtant, je n’ai jamais encore rencontré celui qui m’inspire à te quitter.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé. J’ai eu un amant très intéressant en 1995 qui m’a presque convaincu, jusqu’à ce que tu me fasses à la toute dernière seconde une déclaration d’amour passionnée qui m’a persuadé de te donner une autre chance. Pourtant cet amour ne fut pas de longue durée, et tu n’a pas semblé trop embêté par le fait que j’aie continué à fréquenter ces autres amants. On aurait pu alors qualifier notre relation d'ouverte… et tu te complaisais bien dans ce fédéralisme d’ouverture.

Cher Canada, depuis un certain temps, je te sens plus distant, plus froid, moins engagé émotionnellement dans ta relation, voir dans ta propre personne. Pourtant, je ne pouvais me résoudre à te quitter sans tenter au moins le tout pour le tout. Alors lundi, j’ai fait un geste clair, sans équivoque, pour tester la solidité de notre union. Je me suis engagé solidement à toi, à un côté de tes valeurs qui me plaît, qui m’attire chez toi et sur lesquelles nous pourrions construire une relation soutenable et durable. J’en espérais autant de ta part, afin que nous ayions ensemble le pouvoir… celui de changer notre relation pour le mieux.

Mais alors que je faisais cette démarche, tu en as profité de ton côté pour prendre encore plus de recul. Depuis toutes ces années où tu me demandes une preuve d’engagement, lorsque je te la fournis, tu refuses de prendre en compte mes arguments, mes sentiments, mes valeurs, mes priorités et tu te replies sur des idéaux sclérosés, égocentriques voir égoïstes. Je te parle d’amour, d’entraide, de solidarité, d’effort, de dialogue – tu me réponds avec l’individualisme, l’autorité absolue, l’intransigeance et la communication à sens unique.

Cher Canada, sache que je me suis montré prêt à prendre le chemin de l’engagement, mais sache également que je ne m’acharnerai pas sur une voie qui ne sera pas partagée. Mon engagement de quatre ans n’est pas un contrat ferme ni une police d’assurance sur notre relation. C’est un signe de bonne volonté de ma part. Par contre, si ces signaux ne sont pas réciproqués, cette dernière chance pourrait échouer.

Sache, cher Canada, que je n’hésiterai pas alors à te tourner le dos pour de bon. J’ai fais mon bout de chemin, à toi de faire le tien.

Signé:

Le Québec

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    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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