Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Le prix de l’indépendance

Posted on | juin 7, 2011 | No Comments

Plusieurs députés du Parti Québécois ont réalisé cette semaine que l’indépendance du Québec avait finalement un prix: leur propre indépendance. Pour quelques uns, c’est un prix inacceptable, et l’opposition officielle se trouve maintenant amputée de quatre représentants.

Je reprends des propos que j’avais déjà laissés sur un autre site: en fait, le problème revient à relier toutes les décisions du Parti Québécois à l’indépendance, peu importent les préoccupations idéologiques et les besoins des électeurs de chaque circonscription. Parfois, la coupe est pleine – j’imagine que Curzi, Beaudoin et Lapointe (et aujourd’hui Aussant) n’avaient pas envie de se prostituer pour PKP et Labeaume, ce qui est au demeurant un choix idéologique tout à fait acceptable aussi.

Si Marois n’est pas capable d’abandonner la ligne de parti lorsque ses choix moraux (voir, légaux) sont si discutables, elle mérite bien de se faire abandonner, député par député. Car la cheffe de l’opposition n’a pas su saisir une opportunité formidable de suspendre cette épée de Damoclès au-dessus de la tête du Premier Ministre. Dès le début des débats elle aurait pu (dû?) annoncer qu’elle ne serrerait pas la bride à son parti sur ce vote; elle aurait même dû défier Jean Charest d’en faire autant, histoire de susciter la grogne des députés représentant les circonscriptions montréalaises, par exemple.

L’opportunité était d’autant plus belle qu’elle est attaquée à la fois sur sa droite (par Lucien Bouchard) que sur sa gauche (par la montée de Québec Solidaire). Les coudées franches d’Amir Khadir font manifestement des envieux au sein des caucus des deux partis reconnus de l’Assemblée Nationale.

Mais Pauline Marois s’est bêtement laissée faire par Charest. Cela ne démontre pas seulement un manque de leadership, cela démontre un manque de flair politique impardonnable pour quelqu’un qui aspire à devenir un jour premier ministre du Québec et faire de cette province un pays indépendant.

Le prix de l’indépendance, ce n’est pas l’indépendance d’esprit. C’est plutôt la terrible nécessité d’être vu comme parfait ou parfaite en toute chose. C’est un défi impossible à relever.

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