Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Je suis un fasciste

Posted on | juin 8, 2011 | No Comments

On m’accuse de bien des choses. Parfois les partisans d’un certain capitalisme de laissez-faire me trouvent trop à gauche à la lecture des mes politiques sociales et de mes suggestions d’encadrement du capitalisme. Parfois les gauchistes me traitent de néolibéral en lisant mon soutien aux entrepreneurs et à la nécessité de leur faire plus de place au sein de notre société. Mais voilà qu’aujourd’hui j’ai franchi une nouvelle étape en me faisant traiter de fasciste, rien de moins.

Bon, on se doute bien que l’histoire en prend pour son rhume. Mais situons les faits. Je commentais la mort d’un itinérant et un simple passant dans une fusillade survenue hier matin à Montréal. Cet événement en soit est tragique (et illustre les graves problèmes d’intégration des itinérants et des gens atteints de maladie mentale). Par contre certains s’acharnent sur les policiers, leur faisant porter tout le blâme dans l’incident.

Or voyez-vous dans les circonstances, j’aurais peut-être tiré aussi. Cette phrase m’a valu une belle épithète, vous vous en doutez bien. Mais qu’auriez-vous fait? Le désavantage dépend surtout de la distance entre les deux adversaires. Plus la distance est petite, plus les forces sont égales car un instant d’hésitation peut permettre à l’autre de vous atteindre.

 À ce moment tout devient une question de réflexe. Le policier ne peut se permettre de sous-estimer son adversaire – d’une part, pour avoir pratiqué quelques années différents arts martiaux impliquant des armes blanches, je peux confirmer qu’une fraction de seconde fait toute la différence et qu’un homme armé peut en vaincre deux autres. D’autre part, le policier est le seul rempart entre l’agresseur et les citoyens, qu’il se doit de protéger avant toute autre chose.

D’après ce que je comprends de la situation, les gens étaient ici relativement près les uns des autres (on parle de 6 mètres, soit la longueur de votre salon peut-être. C’est une distance franchie en moins d’une seconde) et surtout, la situation se déroulait dans un lieu public fréquenté, ce qui empêche les tirs de semonce. Les policiers auraient sans doute dû viser le bas du corps, mais vu les délais cela a peut-être été impossible.

Je ne prends pas position face au SPVM – est-ce que les moyens mis à la dispositon des policiers sont suffisants pour éviter l’utilisation des armes à feu? Il y a des questions à poser, en effet. Mais je ne suis pas prêt à condamner d’avance la personne ayant appuyé sur la gachette.

Je n’excuse  rien – à l’enquête de révéler les faits.  Je vous laisse juger: suis-je ou non un fasciste? Et enfin je vous pose la question, à laquelle vous pourrez répondre en votre âme et conscience: chargé par un forcené armé d’un couteau, quelle aurait été votre réaction?

Pour conclure, je présente mes condoléances aux familles et amis des victimes, qui sont trop souvent oubliées comme étant eux-mêmes victimes de ces tragiques évènements.

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  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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