Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Le jardinage, les mauvaises herbes et l’étranger

Posted on | juillet 23, 2011 | No Comments

Ce n’est un secret pour personnes, j’aime bien jardiner. En fait, j’aime m’occuper de mon potager, de mes plates-bandes fruitières et aménager mon petit bout de terrain pour en faire un endroit agréable, un reflet de mon plaisir de vivre. Mais cette activité exige également que je me soumette à quelques travaux, dont l’arrachage régulier des mauvaises herbes.

Personne ne met en doute mon droit acquis à me débarrasser de ces dernières. Après tout, j’ai travaillé fort pour défricher le bout de terrain qui me sert de potager; j’en prends soin, je l’engraisse régulièrement. Je sélectionne les légumes que j’y fais pousser, je les arrose lorsque nécessaire. Toute forme de vie végétale non-sollicitée est irrémédiablement expulsée, détruite. C’est mon droit.

Le plus ironique dans l’histoire est que je ne connais même pas ces mauvaises herbes. Je le reconnais visuellement, par habitude. J’ignore leurs noms, leurs propriétés. Certaines pourraient même m’être utiles: les pissenlits par exemple sont presque totalement comestibles; je m’en débarrasse pourtant. Certaines de ces plantes pourraient, par symbiose, contribuer à faire fructifier mon potager davantage. Je m’en débarrasse impunément. Certains coins de mon potager sont déserts; la laitue récoltée je n’ai rien semé par cette chaleur. Mais j’empêche encore une fois toute autre forme de vie de s’y établir.

Il est d’un pays comme d’un jardin. Nous travaillons fort pour le développer, pour le rendre hospitalier, accueillant, et en faire un endroit où nous pouvons grandir et nous épanouir. Nous y rejetons par fois l’étranger sans connaître son histoire, d’où il vient, ce qu’il est, et sans trop chercher à comprendre comment, par symbiose, il pourrait contribuer au développement et à la vie d’un pays.

Dans les deux cas, on ne fait rien. Par habitude; par paresse, nous sommes heureux de reproduire les mêmes comportements et d’obtenir le même résultat. C’est une résistance passive au changement. Mais si l’effort de développer la connaissance de l’autre me permettait de maximiser mon rendement?

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  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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