Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

La nausée aux antipodes

Posted on | juillet 25, 2011 | 1 Comment

Les antipodes, indiquant le point géographique diamétralement opposé à l’endroit où l’on se situe, ont acquis une fâcheuse tendance récemment: ils ne restent plus en place. Prenons les États-Unis par exemple… Géographiquement, les antipodes se situent quelque part dans l’Océan Indien, au large de l’Océanie. Pourtant, on dirait qu’ils ont migré lors des dernières semaines au nord-ouest. On pourrait maintenant les situer quelque part au sud de la Somalie.

Les États-Unis sont la première économie mondiale; la Somalie est l’état le plus défaillant de la planète. La dette des États-Unis dépasse le 14 000 milliards de dollars, l’équivalent du PIB du pays. Celle de la Somalie? 3 milliards de dollars, environ la moitié du PIB. 156 pays ont un PIB supérieur à celui de la Somalie. Pire encore, plus de 162 personnes, sur Terre, ont une fortune supérieure au PIB somalien. Tous les 1120 milliardaires du monde réunis n’arrivent même pas à la hauteur du PIB américain.

Aux États-Unis, on se bat pour la survie d’une idéologie: baisser les impôts et favoriser l’enrichissement des plus forts en coupant les services au mépris des plus infortunés. Le bras de fer entre démocrates et républicains menace la reprise économique mondiale. On se plaint du prix du gaz, l’obésité grimpe en flèche, les portions dans les restaurants également. Les maladies liées au style de vie sont la première cause de mortalité au pays. On défend le droit de polluer, de réchauffer la planète, se moquant bien des effets sur les autres.

En Somalie, on n’a même plus la force de se battre pour sa survie. La famine a été déclarée au pays par l’ONU, le gouvernement en place n’ayant ni les moyens, ni l’autorité pour proclamer cet état d’urgence. La corruption liée au pétrole, ce même pétrole dont la hausse du prix choque les Américains, finance depuis plus de 20 ans une guerre civile absurde. Et on meurt de faim. Littéralement: le taux de décès lié à la malnutrition est passé à 7,2 décès par jour pour 10 000 habitants. Faites le calcul: cela donne 2628 décès par an, par 10 000 habitants. Plus du quart de la population. Victimes impuissantes d’un réchauffement causé par la pollution de ce même pétrole entraînant le pays dans une spirale de violence interminable.

En Somalie, une poignée de bouffons, insurgés islamistes, s’évertuent à nier l’état d’urgence. Aux États-Unis, une autre poignée de bouffon, élus républicains, s’évertuent dans le même négationnisme absurde.

D’un côté décharné, de l’autre acharné. Les mouches en profitent en Afrique; les rats en Amérique.

Comments

One Response to “La nausée aux antipodes”

  1. Ting
    décembre 27th, 2015 @ 19:04

    Un grand progre8s sur le blog, la vide9o. C est quand meame plus vivant qu un sipmle communique9 de presse institutionnel. Ca en dit plus. J aime bien l ide9e.

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