Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Cathédrale engloutie, cathédrale émergeante

Posted on | juillet 26, 2011 | No Comments

Cent ans les séparent. La Cathédrale Engloutie de Debussy fut composée en 1910; St.Peter’s Cathedral de Death Cab for Cutie en 2011. L’une est directement nécessaire à l’autre, sans doute. L’impact de l’impressionnisme de Debussy persiste encore dans la musique populaire et filmique d’aujourd’hui. Les deux me rejoignent par hasard cette semaine.

On peut se demander comment « par hasard » une cathédrale engloutie peut resurgir après plus d’un siècle. Mais voilà qu’à la lecture de Les Cerfs-Volants de Romain Gary, situé à l’époque de la Résistance française, le nom de cette œuvre est utilisé à une
occasion comme nom de code. Ce n’est qu’un détail, vite oublié parmi les multiples merveilles de cette prose élégante, mais qui a fait son chemin dans mon esprit. La pièce elle-même réfère à une légende bretonne, la cathédrale d’Ys, qui surgit parfois presque de la mer à marée basse; en écoutant attentivement on peut du rivage en entendre les échos.

Quant à Death Cab for Cutie, ils seront en ville prochainement dans le cadre du festival Osheaga; la pièce St.Peter’s Cathedral fait bien partie de leur dernier opus et a trouvé une place de choix dans ma liste d’écoute depuis sa sortie. Mais leur cathédrale elle-même est bien anonyme, plusieurs ayant été consacrée à St-Pierre de par le monde.

Ce sont les similarités entre ces deux œuvres qui me frappent. À un siècle d’intervalle, on utilise évidemment un traitement semblable du rythme et du tempo pour créer une ambiance initiale de recueillement. L’écho propre à ses énormes constructions
est reproduit par l’harmonie de Debussy et par le jeu de textures musicales sans cesse complexes du groupe rock. D’une certaine façon, ils exploitent par le pentatonisme le même flou légendaire afin de passer deux messages bien différents; cette chanson ne se termine-t-elle pas sur l’affirmation solennelle: « il n’y a rien au-delà » (« there’s nothing past this »)?

Maintes fois répétée, ce n’est pas un mantra de désespoir mais presque un refrain joyeux. Nous pouvons passer d’une cathédrale à l’autre aujourd’hui en un clic de souris. Il n’y a sans doute rien au-delà, mais c’est déjà beaucoup en attendant.

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  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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