Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

La publicité, les psychopathes, la censure et la souffrance

Posted on | juillet 27, 2011 | No Comments

L’attention médiatique dont a bénéficié Anders Behring Breivik suite au carnage perpétré en Norvège en a fait sourciller plus d’un. L’intérêt manifesté suite aux attentats a son manifeste, à sa présence sur les médias sociaux est décrié par certains, qui craignent que cette publicité ne fasse qu’encourager de futurs psychopathes et sociopathes. Qu’en est-il vraiment, et quelles sont les alternatives et leurs conséquences?

J’ai lu sur le blogue de Diane Duane une des critiques les plus posée et réfléchie de cette attention médiatique; elle se démarque notamment par l’intérêt portée aux victimes avant tout, et une délectable remise en contexte historique. Je ne suis par contre pas entièrement convaincu par les arguments présentés.

Tout d’abord, le besoin publicité n’est pas le seul, ni la principale motivation des psychopathes et sociopathes. En fait il n’apparait
même pas dans les définitions usuelles de la maladie. Il peut apparaître comme symptôme propre au narcissisme, un autre trouble qui est parfois associé à la psychopathie, les deux ayant d’autres symptômes en commun. On ne manque d’ailleurs pas de psychopathes qui ne préfèrent pas trop attirer l’attention sur leurs crimes – Vincent Lacroix ne criait pas sur les toits son désir d’extorquer leurs économies à ses clients.

De plus, l’intérêt porté à ce genre d’individu ne peut que nous aider à comprendre et ultimement, déceler les manifestations de la maladie ailleurs. Et si cet intérêt médiatique prend parfois des aspects plus tape-à-l’œil, il se manifeste parfois aussi par des articles de fonds mieux documentés.

Surtout, je crains l’envers de la médaille: que se passe-t-il lorsque nous interdisons un sujet? Sommes-nous vraiment prêt à rétablir la censure? On le voit dans les cas de victimes d’agressions sexuelles: le tabou à leur égard est encore assez fort pour empêcher plusieurs d’entre elles de se manifester. L’effet de l’institutionnalisation de cette censure a été vécu de façon dramatique en Irlande, par exemple, où l’église catholique a pu impunément renverser des directives qui auraient autrement protégé plusieurs jeunes enfants de leurs abuseurs.

Des années de censure n’ont jamais permis d’éradiquer le moindre fléau que ce soit. Au contraire, c’est en éveillant les gens au risque posé par certains individus, aux symptômes à reconnaître et en les éduquant davantage sur la portée de la maladie mentale et du fanatisme que nous pourrons circonscrire, dans une certaine mesure, le mal qui est fait.

C’est la voie que la Norvège, ultimement, veut adopter: répondre à la terreur par plus d’ouverture et de démocratie.

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    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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