Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Une économie parmi tant d’autres

Posted on | août 6, 2011 | No Comments

On fait grand cas de la décote historique vécue par les États-Unis  cette semaine. L’agence de notation Standard and Poor’s a en effet ramenée son évaluation de la dette américaine de AAA, la meilleure note qu’elle octroie, à AA+, un niveau en dessous. Prenons un moment pour respirer par le nez, et regardons la situation sous un angle nouveau.

Premièrement, qu’est-ce que Standard and Poor’s? C’est une des agences qui a contribué au crash économique de 2007 en attribuant des notes AAA à certaines catégories de papier commercial adossé à des actifs. De nombreuses questions ont été soulevées quant à son impartialité, justement en raison des paiements reçus par les clients pour faire évaluer la qualité des produits à émettre à l’épargne publique. Vous pouvez en apprendre davantage à ce sujet grâce à l’excellent documentaire Inside Job du réalisateur Charles Ferguson, primé aux Oscars cet hiver.

Vous n’êtes pas rassuré? Moi non plus! En fait, si S&P nous refait encore le coup du papier commercial, il y a fort à parier que la dette américaine n’a depuis longtemps plus aucune valeur que ce soit. Mais alors à quoi et à qui servent ces notes? À toute une série d’investisseurs institutionnels (caisses de retraite, municipalités, gouvernements, etc.) qui ont souvent des règles de placement strictes à respecter. Comme il est plus facile de suivre l’opinion de quelqu’un d’autre plutôt que de s’en faire une nous-mêmes en étudiant attentivement les produits offerts, ceux-ci n’hésitent pas à placer leur argent – votre argent, en fait – dans des véhicules de placement qu’ils ne connaissent que superficiellement.

Pourquoi s’inquiéter? La décote du papier commercial a été entraînée par des produits financiers s’appuyant sur 1 300 milliards de dollars d’hypothèques toxiques. Les pertes du secteur financier occidental ont atteint environ 2 800 milliards; sans parler des dommages collatéraux (perte de valeur des propriétés – plus de 4 000 milliards aux États-Unis seulement).

1 300 milliards, c’est beaucoup, mais c’est peu en comparaison avec la taille de la dette publique américaine, qui elle dépasse les 14 000 milliards. Toute une série d’investisseurs qui dépendaient des bons du trésor américains pour stabiliser leur portefeuille devront maintenant revoir leur stratégie d’investissement. Mais si la cote est maintenue, personne sur le marché ne voudra toucher à ce produit. Le surplus d’offre par rapport à la demande devrait faire baisser le prix, et par conséquent la valeur des portefeuilles des investisseurs. Au bout de la ligne, c’est vous et moi qui sommes au bout de cette chaîne vu les investissements de nos gouvernements, fonds de pension et ainsi de suite.

Vous voyez, il n’y a pas de quoi s’inquiéter: il est probablement trop tard pour réagir!

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  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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