Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Que faire du Père Noël?

Posted on | août 28, 2011 | No Comments

À peine les vacances sont-elles terminées, la rentrée n’étant même pas encore amorcée, et voici que la folie mercantile du temps des Fêtes reprend le dessus. Plus que quatre mois avant Noël; certains commerçants sortent déjà les décorations et je parierais que certains ont déjà commencé à rédiger leurs listes de cadeaux. Cette année par contre les Fêtes prendront une tournure particulière: voilà que mes enfants approchent dangereusement de l’âge où l’on doit cesser de croire au Père Noël.

J’imagine déjà la conversation et les contre-arguments utilisés par ma parfois trop sagace progéniture. Si le Père Noël n’existe pas, pourquoi est-il partout à chaque année? Et moi de tenter de le convaincre que cette mise en scène élaborée ne vise qu’à permettre aux enfants émerveillés de garder confiance en un monde où la magie existe réellement, où tous les rêves sont possibles.

Heureusement mes enfants n’ont pas encore développé le cynisme. Je les verrais autrement rejeter du revers de la main cette frénésie comme une sournoise manoeuvre aux fins purement mercantiles. Là encore, je ne suis pas certain de pouvoir donner raison à cet argument. Nous investissons des sommes considérable à chaque année afin de ressusciter ce personnage fantastique; il n’est pas un centre commercial, aussi modeste soit-il, qui n’ait son village du Père Noël, lutins et rennes à l’appui. Même NORAD met en ligne une simulation du parcours de son traîneau. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle?

Au fond, l’argument que je crains d’entendre venant de la bouche de mes propres garçons est celui-ci: Pourquoi prétendez-vous que le Père Noël n’existe pas, alors que vous y croyez tous encore, même si vous refusez de l’admettre? Je n’aurais rien à rétorquer à ce verdict sans appel. Nous avons effectivement conservé cette croyance au pourvoyeur surnaturel de cadeaux imprévus, de bonheur facile et sans effort.

Nous attendons le joueur de hockey ou de football qui fera de notre équipe préférée les champions de la ligue. Nous attendons le politicien-vedette, franc, honnête, qui réglera en une seule élection l’ensemble des problèmes sociaux. Nous attendons les investissements de multinationales qui sortiront des régions entières du marasme. Nous attendons la prochaine tendance qui redonnera du sens à notre existence. Nous attendons, toujours, espérant qu’au réveil nous trouverons au pied du sapin le remède aux maux qui nous affligent.

Cette frénésie annuelle ne vise-t-elle pas à nous convaincre nous mêmes que la féerie et la magie sont bien réelles? Devrait-on passer le Père Noël et tous ses partisans par les armes afin de dissiper cette hébétude collective? Devrai-je plutôt mettre l’accent sur une vérité plus fondamentale: la magie de Noël, c’est nous qui la créons et la maintenons en vie dans le coeur de nos enfants, dans le coeur des autres. Il en est de même pour toute magie: elle ne se produit jamais si nous restons les bras croisés à l’attendre. Elle ne se réalise que dans l’action.

Adieu, Père Noël.

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  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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