Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Temps durs pour la droite

Posted on | novembre 30, 2011 | 2 Comments

Rien ne va plus pour la droite! Alors que le Tea Party avait le vent dans les voiles lors des élections de mi-mandat américaines, voici que ce mouvement libertarien est en chute libre auprès des électeurs au sud de la frontière. L’intransigeance des élus républicains, leur incapacité à négocier un accord budgétaire avec les démocrates et les diverses frasques et bourdes des candidats républicains à l’investiture présidentielle y compte sans doute pour beaucoup.

Néanmoins, les apôtres du laissez-faire et du libre-marché ont des réalités beaucoup plus difficiles à avaler ces temps-ci. La crise financière qui secoue la zone Euro en est sans doute la meilleure illustration. Ainsi, les égéries de la droite ne se gênent pas pour prôner sur toutes les tribunes les vertus de l’austérité fiscales, et les dangers de l’intervention des banques centrales. Gare à l’inflation! Scande-t-on à gauche et à droite, en oublient étrangement de mentionner que l’inflation n’est pas vraiment un problème nulle part dans le monde occidental présentement et ce, malgré les liquidités colossales injectées dans l’économie de différents pays.

Paul Krugman, prix Nobel d’économie et chroniqueur au New York Times, a résumé la situation à la perfection avec un seul graphique dans l‘article suivant. On y voit que les pays ayant gardé une monnaie indépendante de l’Euro (la Suède et le Danemark, dans ce cas-ci) ont sur les marchés obligataires des conditions beaucoup plus favorables que les pays de la zone Euro, toutes autres choses étant égales par ailleurs. On compare les deux pays ci-haut avec la Finlande, qui a des bases économiques tout aussi solides.

Quel est la différence entre les deux pays? La Finlande fait partie de la zone Euro, et la Banque Centrale Européenne a bien manifesté son intention de ne pas intervenir afin de stimuler l’économie de la zone Euro. Conséquence: les marchés ne font plus confiances à ces pays. Lisez bien: c’est le marché qui juge que l’intervention de l’état (ou de la banque centrale) est désirable et préférable au laissez-faire!

Ces économistes de droite qui crachent sur Keynes et les théories prônant l’intervention de l’état dans l’économie sont donc contredits par les propres mouvements des investisseurs qu’ils jugent comme étant les seuls personnes aptes à décider des décisions économiques.

Si vous voyez quelque part une plus belle réfutation des arguments libertariens, veuillez svp la partagez ici.

Comments

2 Responses to “Temps durs pour la droite”

  1. David Caron
    décembre 1st, 2011 @ 01:17

    «Scande-t-on à gauche et à droite, en oublient étrangement de mentionner que l’inflation n’est pas vraiment un problème nulle part dans le monde occidental présentement et ce, malgré les liquidités colossales injectées dans l’économie de différents pays.»

    Quand l’inflation apparaît? Quand l’économie surchauffe dû a une trop grande activité économique. Que dit-on depuis des mois? Que l’économie est moribonde. Bref, les liquidités ne sont pas pleinement utilisés, seulement quand l’économie va reprendre du poil de la bête, l’inflation va pointer le bout du nez.

    «Quel est la différence entre les deux pays? (…) Lisez bien: c’est le marché qui juge que l’intervention de l’état (ou de la banque centrale) est désirable et préférable au laissez-faire!»

    Le laissez-faire??? Le taux de change, il est ou là-dedans? Quand l’euro va imploser, qu’arrivera-t-il avec le taux de change de l’euro? Il va toucher le fond du baril. Ce qui fait que chaque dollar investit en Europe va faire un gros négatif par forfait. Surtout que les bons gouvernementaux ce sont qui est le moins performants, donc facilement atteint par une chute drastique de la valeur de l’Euro…

    Tout cela facilement explicable par des notions de bases du cours Économie 101 au CÉGEP. Pathétique pour un nobélisé!

    Bref, ne devrait-on pas plutôt dire, dure moment pour les promoteur du keynésianisme?

  2. Patrick Levesque
    décembre 1st, 2011 @ 08:00

    Bon – je ne sais trop qui a donné votre cours d’économie 101 au CÉGEP, mais revenons sur quelques notions essentielles.

    Qu’est-ce que la monnaie? Entre autre choses, un véhicule de placement de valeur. Et comme tout autre placement, il est évalué sur son rendement autant à long terme qu’à court terme. L’argument de Krugman est que dans une situation de « trappe de liquidité » les perspectives des autres placements à long terme sont négatives et que, par conséquent, les investisseurs se rabattent sur la monnaie… parce qu’au moins sa valeur nominale ne changera pas et que sa valeur réelle augmentera dans un contexte de déflation. Si les investisseurs n’investissent pas, ils revient alors au gouvernement de stimuler l’économie, via l’injection de fonds de la banque centrale pour financer le tout. L’inflation n’est docn même pas perçue comme un problème à long terme par les marchés présentement.

    Maintenant, concernant le laissez-faire, le but de l’article de Krugman est de monter que la disparité entre l’évolution des conditions d’emprunts de ces trois pays débute justement au moment où la BCE a déclarée qu’elle n’agirait pas comme banquier de dernier recours, et n’est donc pas reliée à la crise économique où à diverses inquiétudes sur le sort de l’euro.

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