Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Muses, Grâces, Plaisir et Beauté

Posted on | décembre 15, 2011 | No Comments

L’inspiration est une muse frivole qui fait fi de nos préoccupations quotidiennes. Alors que nous préférerions gagner les bras de Morphée, cette divinité jalouse nous ravit aux charmes de son rival des plus subtiles façons. Je dois à ces moments quelques billets, dont celui-ci, et bien d’autres créations. Rendons hommage à la folle du logis sans plus attendre.

La tête posée sur l’oreiller, quelques notes résonnent brièvement à la radio. Ces accords plaqués au piano sont familiers; je syntonise à nouveau. C’est bien la Pavane pour une infante défunte de Ravel qui m’enveloppe alors. Un air simple et efficace qui me fait regretter de ne pas me débrouiller convenablement au piano. Mes pensées s’égarent, s’attardent sur mes enfants qui apprennent la musique, qui découvrent avec une joie renouvelée l’art de combiner, d’agencer, de créer des sons. Qui se plongent dans cet indicible pouvoir avec bonheur à chaque fois.

Je regrette parfois de ne pas avoir de piano à même la maison. Où le mettrais-je bien? Sans doute contre le mur, remplaçant cette télévision que je n’écoute pas, comme une invitation au divertissement. Le tout en étant bien conscient du contexte inévitablement bourgeois qui entoure l’instrument, des jeunes filles de bonne famille pour qui l’éducation était imparfaite sans une certaine maîtrise de l’instrument. Et pourtant, le piano était également l’instrument de prédilection des bordels américains, un des multiples berceaux de notre musique populaire.

J’ai des amis chez qui je me rends parfois et pour qui l’instrument occupe une place de choix. Une soirée ne sera jamais complète sans qu’à l’occasion quelqu’un ne se mette à pianoter quelques notes, par improvisation ou absorbé par l’interprétation. C’est un va et vient constant entre la musique, la conversation, le repas. Des moments de pur bonheur. Nous pourrions tous être assis devant un film à ce moment, mais nous n’en retirerions pas le même plaisir.

C’est lors de ces instants que je me rappelle que le plaisir est d’abord et avant tout quelque chose que l’on crée, et non quelque chose que l’on consomme. Une maxime qui s’applique finalement au plaisir sous toutes ses formes.

L’inspiration me saisit par la beauté, et me laisse via la plénitude au plaisir. Les Muses m’arrachent à Morphée pour me livrer aux Grâces. Et je vous laisse sur ces quelques mots…

Comments

Leave a Reply







  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

  • Articles récents


  • legrosbonsens.net on Facebook

  • Follow LeGBS on Twitter
  • Ze Blogroll