Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Éthique et quoi, déjà?

Posted on | février 19, 2012 | 3 Comments

Suite à la décision rendue par la Cour Suprême dans le dossier opposant des parents catholiques (voir plus catholiques que le pape) à la Commission scolaire des Chênes, tout le Québec y a été de son grain de sel et de son opinion sur la question. Pourquoi ne pas en rajouter une couche? Allez vous fouetter avec vos rosaires, faites-vous aller la laïcité et asseyez-vous, on va se faire un bon petit débat bien de chez nous.

Le cours d’éthique et culture religieuse (ECR) ne brime donc pas la liberté de religion de personne. C’est un creuset où se fondent religions monothéistes, spiritualité autochtone et quelques notions de base d’éthique, mais sans prosélytisme. Mes garçons du moins ne m’ont pas demandé à vivre la cérémonie du Brit Milah et semblent toujours aussi joyeusement athées, bien qu’un peu plus éveillés au sujet de leurs racines amérindiennes.

Les objectifs du programme sont louables: rassembler ses idées et de les exprimer avec respect et conviction et s’épanouir dans une société où se côtoient plusieurs valeurs et croyances notamment. N’empêche, pour certains ça demeure du pelletage de nuage. La CAQ, par la bouche d’Éric Caire, a précisé vouloir revoir la place de l’enseignement de la religion à l’école, et même Richard Martineau se jette dans la mêlée en ne comprenant pas pourquoi on enseigne la religion à l’école lorsqu’il y a des besoins plus criant.

Je suis presque d’accord avec Martineau là-dessus mais je me garde une petite gêne, ne serait-ce que pour ce léger détail: on s’apprête à joyeusement larguer le bébé avec l’eau des fonts baptismaux. Pensez-y un instant: et l’éthique, qu’est-ce qu’on en fait?

L’éthique? Mais pourquoi faire? L’éthique offre justement la réflexion sur les cadres normatifs nécessaires à la vie en société, qu’elle soit laïque ou multiconfessionnelle. Qu’on soit ou non à l’aise avec cette idée, historiquement le cadre normatif a été développé très intensément (voir absurdement) par le phénomène religieux. Mais, précisons-le, pas exclusivement par celui-ci. Bref, pour remettre cette question en perspective historique, il est nécessaire d’aborder l’existence des religions et de leur rôle (positif ou négatif) dans le développement de l’éthique.

Contrairement à la morale et à ses dérives parfois manichéennes, l’éthique force la réflexion et pourrait se pencher, par exemple, sur des questions aussi insignifiantes (et relevant assurément du pelletage de nuage) que celles-ci:

  • Est-ce acceptable d’accepter des contributions en argent comptant pour sa campagne électorale?
  • Est-il correct pour un élu de changer de parti politique en pleine session parlementaire?
  • Le recours aux informations potentiellement obtenue sous la torture, sans en avoir la certitude, est-il toujours injustifié?
  • Pouvons-nous nous approprier des informations sur les activités virtuelles d’un citoyen sans son consentement?
  • Détruire une banque de données construite à grand frais sans offrir la possibilité aux parties prenantes de récupérer l’information est-il préjudiciable à ces dernières?
On découvre vite qu’il est essentiel de former rapidement et efficacement les citoyens afin que ces derniers puissent reconnaître les manquements à l’éthique, les condamner et agir en conséquence.
De façon réaliste, il est impossible de parler d’éthique aujourd’hui sans parler de morale religieuse, encore très présente malgré la laïcisation graduelle du Québec. Si les deux offrent des cadres normatifs, ils les dérivent de sources complètement différentes. Dans un cas, elle est externe, plus ou moins imposée, permanente, voir gravée (littéralement) dans la pierre et dans l’autre, elle relève d’une démarche à la fois introspective et empathique.
Malheureusement, Éthique et culture religieuse sous-entend que ces deux variables sont en quelque sorte complémentaires, liées, exclusives alors que les comportements normatifs peuvent bien être enchâssés dans la culture tout court, peu importe la religion. Voilà un autre point névralgique: il existe plusieurs types de cultures et ce, même au sein d’une seule société. Culture d’entreprise, culture religieuse, culture sociale, et j’en passe. Chaque type propose ses propres valeurs, ses propres cadres normatifs, schémas de références qui peuvent entrer en contradiction les uns avec les autres. Immanquablement, toute personne y sera confrontée dans sa vie.
Pourquoi alors ne pas faire un pas de plus vers une laïcité pleinement assumée et renommer ce cours Éthique, Cultures et Société, tout en le recentrant sur la définition du citoyen, de ses rôles, de ses droits, de ses responsabilités et des conflits que tout cela génère?

Comments

3 Responses to “Éthique et quoi, déjà?”

  1. surgery esthetic
    septembre 19th, 2014 @ 21:55

    surgery esthetic

    Éthique | Le Gros Bon Sens arrive en ville!

  2. freezer bait tank
    septembre 24th, 2014 @ 18:43

    freezer bait tank

    Éthique | Le Gros Bon Sens arrive en ville!

  3. percussion swim lessons savannah ga
    octobre 15th, 2014 @ 23:43

    percussion swim lessons savannah ga

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