Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Le PQ et les poules pas de tête

Posted on | mars 15, 2012 | No Comments

Si les débats de l’Assemblée Nationale devaient se résumer en une seule blague, aujourd’hui on aurait vraisemblablement pu débuter avec quelque chose du genre: « C’est une fois un député, un prêtre, un rabbin et un imam qui entrent dans une boucherie… » Ça serait sans doute une blague de bien mauvais goût qui vous resterait coincée en travers de la gorge, si j’ose le dire ainsi.

Il semble en effet que le PQ, par la bouche du député André Simard, ait décidé que le problème le plus criant, le plus pressant du Québec en ce moment soit la présence de viande halal ou cachère sur les tablettes de nos épiceries. Ne vous méprenez pas, j’accorde beaucoup d’importance à la qualité et à la provenance de mes aliments. Je trouve tout simplement étrange que le PQ s’insurge à ce sujet lorsque l’on est conscient des problématiques plus endémique reliées à l’élevage, l’abbattage et la transformation de la viande en général.

Par exemple, les antibiotiques, utilisés non seulement pour la guérison, mais aussi pour la prévention et pour accélérer la croissance des bêtes, sont d’usage fréquent. Les impacts sur la santé publique sont réels, entraînés par une hausse de l’antibiorésistance de certaines bactéries.  Depuis son arrivée au PQ le député de Kamouraska n’en a pas soufflé mot.

Les farines animales, dont l’utilisation incontrôlée avait mené à l’éclosion d’une épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine (ou maladie de la vache folle, si vous préférez) sont également de retour au pays. On les jure mieux encadrées et inspectées. Y’a-t-il un risque? On ne sait trop… Le député de Kamouraska demande-t-il une enquête à ce sujet? Apparemment pas…

Mais bon, André Simard se rabat sur la présomption que les Québécois s’inquiètent des rites halal et kasher. Je tiens à aviser le député de Kamouraska que les Québécois semblent beaucoup plus s’inquiéter de la présence d’OGM dans leurs aliments. Étonemment, M. Simard n’a pas eu grand chose à dire non plus à ce sujet depuis son arrivée à l’Assemblée Nationale.

Bref, on créée un débat de toute pièce autour d’un dossier qui n’a aucun impact de santé publique (à part une vague référence vers un site anti-islamiste français dans le Huffington Post… pour la crédibilité on repassera). Le tout a des relents de grande noirceur, on fait de la peur de « l’autre » (musulman ou juif) un symbole de ralliement pour nos électeurs.

Entre vous et moi et le rôtisseur du coin, si le prix est le même et qu’il n’y a pas d’impact sur la santé publique, pourquoi même s’en faire? Que les simagrées devant le poulet soient faites par un prêtre, un imam, un rabbin ou un adepte déchaîné de zumba ne m’importe absolument pas.

Poulet kosher, halal ou peu importe, serait-ce trop demander que d’arrêter de nous prendre pour le dindon de la farce?

 

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    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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