Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

M. Charest, ne cédez pas (tout de suite)!

Posted on | mai 24, 2012 | No Comments

Photo par ruemasson.com

Cher Jean Charest,

Vous me pardonnerez cette entrée en matière familière. Après tout, nous n’avons pas gardé les cochons ensemble, comme on dit. Mais comme on entend parler de vous un peu partout, vous êtes devenu un peu une sorte de super-héros, un personnage jamais aperçu, irréel, dont on doute quelque peu de l’existence, mais à l’ubiquité constatée soir après soir.

Bref, venons-en au sujet qui nous intéresse. Depuis plus de 100 jours, vous êtes d’une fermeté, d’une rigidité incomparable. Vous refusez de céder le moindre pouce de terrain, et avez sorti tout l’arsenal à votre disposition, y compris une loi spéciale mondialement décriée, pour venir à bout de la crise étudiante.

Depuis cet épisode par contre, voilà que tout un chacun met son grain (de poivre, parfois) à la discussion. Et les manifestants, semblant las ne pas être entendu, ont décidé apparemment de faire un peu plus de bruit pour attirer votre attention.

Mais étrangement, cette manifestation ludique fait des petits. Voici que les gens manifestent par milliers à Montréal, mais également en groupe de plus en plus gros à Longueuil, Québec, Sherbrooke, Jonquière, Mont-St-Hilaire, Saint-Césaire, etc, etc.

La population sort de chez elle: chaque individu quitte son splendide isolement pour se retrouver en société.

Cher M. Charest, savez-vous comment s’appelle ce genre d’interaction? Le capital social. Les gens se retrouvent au sein de nouvelles normes, forgent ensemble une confiance tissée par tous ces nouveaux rapports interpersonnels. Il s’agit aussi d’un déterminant de la santé publique. Cette confiance, ce réconfort sont un excellent soutien lorsque vient le temps de relever de nouveaux défis.

C’est pourquoi je vous implore, M. Charest, de ne pas céder. Enfin, de ne pas céder immédiatement. Ce qui se passe présentement dans les villes et villages de la province est trop beau pour qu’on y mette terme immédiatement. La population apprend à se retrouver dans l’action collective, à se réaliser via des activités qui transcendent l’individualisme et font appel à des valeurs sociales plus étendues.

Cette solidarité n’a pas de prix. Laissez-nous tisser ces liens encore plus serrés; il n’en sera que plus facile de vous mettre à la porte le temps venu.

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