Le Gros Bon Sens arrive en ville!

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Un souper presque Charest

Posted on | juin 22, 2012 | No Comments

Les organisateurs politiques ont la vie difficile par les temps qui courent. Pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à prendre en considération le sort funeste qui s’est abattu sur Gaétan Paradis, président de la compagnie Construction GCP et formidable machine à récolter des fonds pour le Parti Libéral du Québec. Autrefois grand ami de Jean Charest, ayant reçu à deux reprises le premier ministre dans sa résidence, le voici maintenant jeté en pâture par son obligé, qui a laissé tombé de Rio que « si des gens ont fait des dons et ont agi autrement qu’en respectant les lois, ils doivent en être imputables. »

Louis-Georges Boudreault, un autre bénévole libéral bien connu, organisateur de nombreuses élections partielles, n’avait pas eu droit à plus d’égards suite à son arrestation le 18 avril dernier. « Toutes personnes, quelles qu’elles soient, qui enfreignent les règles et les lois, sont sujettes à être poursuivies et à subir la foudre de la loi. » Mentionnons qu’à peine deux ans plus tôt, Jean Charest lui remettait le prix Lucienne Saillant, une distinction du parti libéral visant à reconnaître l’engagement des bénévoles…

Dire que ces gens qu’hier on invitait à souper, ou qui nous invitaient dans leur demeure, sont aujourd’hui traités avec le plus grand dédain par les hautes instances du pouvoir! On comprend mieux alors le ressentiment qui anime un certain Donato Tomassi, autre organisateur libéral fort respecté en son temps et père du démissionnaire ministre Tony Tomassi. En entrevue au Devoir, Donato Tomassi avait notamment déclaré: « C’est rendu qu’on ne peut plus aider nos amis. À quoi sert d’avoir des amis si on ne peut pas les aider ? [...] J’ai reçu Jean Charest chez moi comme un roi. Et les libéraux m’ont traité comme un moins que rien. »

Y’a-t-il quelqu’un d’autre dans la salle qui a reçu Charest à souper? Non? Personne? Ne vous bousculez pas pour lever la main. En fait, je vous comprendrais de vouloir garder le silence. Charest règne sur le Québec tel un Roi-Soleil depuis trop longtemps et ceux qui, comme Icare, ont voulu se construire des ailes pour se rapprocher de l’astre solaire ont réalisé un peu sur le tard qu’ils couraient à leur propre perte. Ils sont broyés, expulsés de la machine au pouvoir sans le moindre sentiment, sans même une bonne parole pour leurs services passés.

Se pourrait-il qu’on se doute en haut lieu que Charest et sa garde rapprochée ne sont pas aussi blancs que leurs campagnes publicitaires aimeraient le faire croire? Comme on dit, on n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces. Si Messieurs Paradis (65 ans) et Boudreault (77 ans) sont réellement reconnus coupable de corruption, il faudra se demander quand, comment et avec qui ils ont commencé à détourner les règles du système.

D’ici là, je peux avec plaisir me libérer pour aller souper avec vous si vous avez davantage à dire à ce sujet…

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  • Photographie par Patrick Meunier

    Tous droits réservés, Patrick Meunier, 2010

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